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FNDC

Me Mohamed TRAORE

La défense de la constitution de 2010 englobe ainsi la défense du principe de l’alternance démocratique (Par Me Mohamed TRAORE)

« Le FNDC, c’est le Front National pour la Défense de la Constitution. Il s’est assigné comme objectif la défense de la Constitution de 2010. Dès lors qu’une nouvelle constitution a été adoptée, le FNDC doit disparaitre puisque  que la constitution qu’il défend n’existe plus. » C’est cet argument que l’on entend ces derniers temps par rapport aux mots d’ordre de manifestations lancés par le FNDC. Mais pourquoi le FNDC était et demeure opposé à un changement de constitution ? C’est la réponse à cette question qui permet de comprendre que le combat du FNDC est loin d’être terminé et reste d’actualité. L’élaboration d’une nouvelle est la voie choisie par le Pouvoir et ses soutiens pour aller à un troisième mandat (subtilement qualifié de premier mandat de la quatrième République).

Le Président de la République n’a-t-il pas dit que  « s’il y a nouvelle constitution, il y a troisième mandat »?. La défense de la constitution de 2010 englobe ainsi la défense du principe de l’alternance démocratique par le moyen de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le combat du FNDC ne s’arrête donc pas et ne doit pas s’arrêter avec l’adoption d’une prétendue nouvelle constitution. Loin de là. Il doit se poursuivre quel que soit le temps qu’il durera. C’est une question de survie de la démocratie en Guinée. C’est pourquoi, il ne faut pas court-termistes dans cette bataille.

Le principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels est si fondamental qu’il a été repris même les rédacteurs du projet de constitution soumis au référendum du 22 mars 2020. Cela sonne  comme une sorte de désaveu pour ceux qui prétextent que la limitation du nombre de mandats n’est pas synonyme de démocratie. La démocratie ne se résume pas à la limitation du nombre de mandats . Mais une démocratie, c’est aussi la possibilité d’une alternance. Sans celle-ci, celle-là n’est pas viable surtout en Afrique où l’alternance par les urnes n’est pas courante.

C’est pourquoi, même ceux qui ont pris sur eux la lourde responsabilité de falsifier le texte issu du référendum du 22 mars n’ont pas poussé l’outrecuidance jusqu’à amputer la disposition relative à la limitation du nombre de mandats présidentiels. C’est un principe qui a tendance à être coulé dans du béton armé.Pour quelqu’un qui est véritablement imprégné des valeurs démocratiques notamment celle concernant l’alternance, dès lors qu’il a exercé deux mandats et a juré de respecter la loi suprême qui impose la limitation du nombre de mandats, il doit s’en tenir à son serment. Il ne va pas initier, soutenir ou encourager la création d’une nouvelle situation de fait ou de nouvelles circonstances pour en tirer les arguments juridiques lui permettant de contourner le principe de l’alternance.

La démocratie, ce ne sont pas seulement des textes et des institutions, c’est aussi un état d’esprit. Seul l’état d’esprit permet de distinguer un démocrate d’un d’un usurpateur de l’appellation de démocrate. C’est l’état d’esprit qui pousse un acteur politique ou d’une manière générale un citoyen à se dire en son for intérieur  » Je peux m’appuyer sur le silence, l’insuffisance, la carence, les failles ainsi que les ouvertures liés aux termes, à la lettre, à la rédaction de loi pour les exploiter en ma faveur mais je m’en tiens à l’esprit du législateur ou du constituant ». Mais hélas ! Très souvent, on est démocrate dans les discours et non dans l’esprit et dans les actes.

Par Me Mohamed TRAORE

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